Panier repas BTP : à qui il est dû, quand il ne l'est pas, et ce qu'il devient côté cotisations
Les conditions posées par la convention du bâtiment, les trois cas où l'indemnité n'est pas due, les limites de l'URSSAF selon la situation du compagnon, et les points à vérifier au moment de la paie.
Le panier, dans le bâtiment, est l'indemnité de repas des ouvriers qui rentrent chez eux chaque soir. Elle paraît simple, mais trois questions reviennent à la paie : à qui elle est due, dans quels cas elle ne l'est pas, et ce qu'elle devient côté cotisations. Cet article les reprend une à une, d'après le texte de la convention collective et celui de l'arrêté de la Sécurité sociale sur les frais professionnels.
À lire avant tout. Cet article décrit, à sa date de publication, la convention collective nationale du 8 octobre 1990 des ouvriers des entreprises du bâtiment de plus de 10 salariés (IDCC 1597, étendue par arrêté du 8 février 1991), dont les articles 8.11 à 8.18 sur les petits déplacements sont indiqués « en vigueur étendu » sur Légifrance au 2 novembre 2026, l'arrêté du 4 septembre 2025 relatif aux frais professionnels déductibles (Journal officiel du 6 septembre 2025, en vigueur depuis le 7 septembre 2025), et les limites revalorisées au 1er janvier 2026 publiées par le Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS) et par l'URSSAF, consultées le 2 novembre 2026. Les entreprises de 10 salariés au plus relèvent d'une autre convention (IDCC 1596), les travaux publics d'une autre encore, les ETAM et cadres d'autres textes, et un accord d'entreprise peut organiser l'indemnisation différemment. Des conventions des ouvriers du bâtiment ont aussi été conclues le 7 mars 2018 : si votre entreprise les applique, vérifiez-y le chapitre des petits déplacements. Cet article ne constitue pas un conseil adapté à votre situation : pour savoir quelle convention s'applique à votre entreprise, et pour un cas précis, votre fédération professionnelle ou votre expert-comptable reste la bonne adresse.
À qui le panier est dû
La convention range l'indemnité de repas parmi les trois indemnités de petits déplacements, avec l'indemnité de frais de transport et l'indemnité de trajet (article 8.11). Ces indemnités sont journalières, forfaitaires et fixées en valeur absolue : elles indemnisent des frais supplémentaires, pas un temps de travail.
Elles bénéficient aux ouvriers non sédentaires du bâtiment, pour les trajets quotidiens qu'ils font vers le chantier avant le début de la journée et au retour, en fin de journée (article 8.12). Sont non sédentaires ceux qui sont occupés sur les chantiers, et non ceux qui travaillent dans une installation fixe permanente de l'entreprise : un compagnon qui travaille dans une installation fixe de l'entreprise n'est pas visé de la même façon qu'un maçon sur chantier.
Le même article précise que les petits déplacements ne se cumulent pas avec les grands déplacements : l'ouvrier qui relève du régime du grand déplacement est indemnisé exclusivement selon celui-ci (voir notre article sur le grand déplacement BTP).
Ce que le panier compense, et les trois cas où il n'est pas dû
L'indemnité de repas a pour objet d'indemniser le supplément de frais occasionné par le déjeuner pris en dehors de la résidence habituelle de l'ouvrier (article 8.15). C'est un remboursement de frais : quand le frais n'existe pas, l'indemnité n'est pas due. La convention énumère trois cas :
- l'ouvrier prend effectivement son repas à sa résidence habituelle ;
- un restaurant d'entreprise existe sur le chantier et le repas est fourni avec une participation financière de l'entreprise égale au montant de l'indemnité de repas ;
- le repas est fourni gratuitement, ou avec une participation financière de l'entreprise égale au montant de l'indemnité de repas.
La condition porte sur le repas effectivement pris, pas sur la distance. Le même compagnon peut donc avoir droit au panier un jour et pas le lendemain, selon qu'il a déjeuné sur place ou chez lui. Pour les zones, le trajet et le transport, qui dépendent de la distance au chantier, voir notre article sur les zones de déplacement BTP.
Qui fixe le montant
La convention nationale ne fixe aucun montant. Elle renvoie, pour l'indemnité de repas, à un accord paritaire régional, ou à défaut départemental (article 8.18). Ce montant est le même quelle que soit la zone du chantier : la zone fait varier le transport et le trajet, pas le repas (article 8.13). Pour connaître le montant applicable à votre département, il faut donc retrouver l'accord de votre région, auprès de votre fédération professionnelle.
Un exemple, les Hauts-de-France. Pour l'Aisne, le Nord, l'Oise, le Pas-de-Calais et la Somme, l'accord régional du 1er décembre 2025 relatif aux indemnités de petits déplacements, conclu dans le cadre de la convention des ouvriers des entreprises de plus de 10 salariés, fixe l'indemnité de repas à 14 € (article 1er). Il s'applique à compter du 1er janvier 2026 (article 2) et a été étendu par un arrêté du 16 mars 2026, publié au Journal officiel du 28 mars 2026 : il est donc obligatoire pour tous les employeurs et tous les salariés de la région qui relèvent de cette convention. Légifrance l'indique « en vigueur étendu » au 2 novembre 2026. Un accord du même jour existe pour les entreprises de 10 salariés au plus ; il n'est pas repris ici. Dans les autres régions, le montant est celui de leur propre accord : vérifiez la date de l'accord en vigueur avant de l'appliquer.
Une règle à retenir : si l'entreprise utilise un système de titres-restaurant, sa participation est déduite du montant de l'indemnité de repas (article 8.18). Le même repas n'est pas payé deux fois.
Côté cotisations : des limites qui dépendent de la situation
Le montant convenu et l'exonération de cotisations sont deux questions différentes. L'arrêté du 4 septembre 2025 fixe les montants en deçà desquels l'indemnité est réputée utilisée conformément à son objet, c'est-à-dire exclue des cotisations (article 3). Il distingue trois situations, avec trois limites par repas :
| Situation du salarié | Limite par repas au 1er janvier 2026 |
|---|---|
| En déplacement professionnel, empêché de regagner sa résidence ou son lieu habituel de travail, et contraint de prendre son repas au restaurant, ou conduit à le faire par les usages de la profession (indemnité de repas) | 21,40 € |
| Contraint de prendre une restauration sur son lieu effectif de travail, en raison de conditions particulières d'organisation ou d'horaires : travail en équipe, posté, continu, en horaire décalé ou de nuit (indemnité de restauration sur le lieu de travail) | 7,50 € |
| En déplacement hors des locaux de l'entreprise ou sur un chantier, quand les conditions de travail lui interdisent de regagner sa résidence ou son lieu habituel de travail pour le repas, et qu'il n'est pas démontré que les circonstances ou les usages de la profession l'obligent à le prendre au restaurant (indemnité de repas ou de restauration hors des locaux de l'entreprise) | 10,40 € |
D'où viennent ces montants. L'arrêté fixait 21,10 €, 7,40 € et 10,30 €. Son article 10 les revalorise chaque année au 1er janvier, selon le taux prévisionnel d'évolution des prix hors tabac, arrondis à la dizaine de centimes. Les valeurs du tableau sont celles du 1er janvier 2026, publiées par le BOSS et par l'URSSAF (consultés le 2 novembre 2026). Elles seront revalorisées au 1er janvier 2027 : vérifiez alors le barème de l'année.
Le chantier et le restaurant. Un compagnon qui déjeune sur le chantier relève de la troisième ligne. La première suppose qu'il soit contraint de prendre son repas au restaurant : le BOSS précise que, hormis le cas où les usages de la profession l'y obligent, c'est à l'employeur de le démontrer, par tout moyen, et que la preuve peut être établie pour l'ensemble des salariés concernés. Il cite deux circonstances qui peuvent y contraindre : un temps de parcours élevé entre le lieu habituel de travail et le chantier, ou des salariés qui se rendent ensemble sur le lieu de leur mission dans le véhicule de l'entreprise. Le choix de la ligne est à valider avec votre comptable.
Au-delà de la limite. L'arrêté ne présume l'usage conforme que pour la fraction qui n'excède pas la limite. Selon le BOSS, la fraction excédentaire n'est exclue des cotisations que si l'employeur prouve qu'elle a été utilisée conformément à son objet. Le cas se présente dès que le montant convenu dépasse la limite : dans les Hauts-de-France, l'indemnité de repas de 14 € dépasse la limite de 10,40 € de la troisième ligne. Le traitement de cet écart est à valider avec votre comptable.
Plusieurs situations sur la même période. Quand une personne se trouve en même temps dans plusieurs de ces situations au cours d'une même période de travail, une seule des trois indemnités peut ouvrir droit à déduction (article 3). Le BOSS précise que c'est la plus élevée qui est retenue, avec un exemple : pour un salarié travaillant en équipe occupé sur un chantier de nuit, l'employeur ne peut déduire que 10,40 €.
Le nom ne suffit pas. Le BOSS assimile les « primes de panier » aux indemnités de restauration sur le lieu de travail dès lors que les conditions particulières d'organisation du travail sont remplies, et les indemnités de « casse-croûte » prévues par une convention collective nationale aux indemnités de restauration hors des locaux de l'entreprise si les circonstances de fait, comme le travail sur des chantiers, sont établies. Dans les deux cas, ce sont les circonstances qui décident de la ligne.
Ce qui ne s'ajoute pas
- Le panier et le grand déplacement : les petits et les grands déplacements ne se cumulent pas (article 8.12).
- Le panier et un repas fourni gratuitement ou avec une participation égale au montant de l'indemnité : pas de panier (article 8.15).
- Le panier et les titres-restaurant : la participation de l'entreprise aux titres est déduite de l'indemnité (article 8.18).
- Plusieurs chantiers le même jour : la convention ne règle pas ce cas, mais l'indemnité compense un déjeuner. Un compagnon qui pointe deux chantiers dans la journée ne prend en principe qu'un déjeuner : vérifiez qu'un seul panier est compté.
Préparer la paie : points à vérifier
- Le montant appliqué est bien celui de l'accord paritaire de votre région ou, à défaut, de votre département, et non celui d'une autre entreprise ou d'un autre département.
- Aucun panier n'est compté un jour de grand déplacement, ni pour un compagnon qui travaille dans une installation fixe de l'entreprise, que le régime des petits déplacements ne vise pas.
- Le repas pris à la maison n'ouvre pas droit au panier : sur les chantiers proches du domicile, la saisie du panier se décide à la journée.
- Les repas fournis (restaurant d'entreprise, repas offert, participation égale au montant) sont repérés, et le panier n'est pas versé ces jours-là.
- La participation de l'entreprise aux titres-restaurant est déduite de l'indemnité de repas (article 8.18).
- Un seul panier par compagnon et par jour, même quand il passe d'un chantier à l'autre.
- Le plafond d'exonération de l'URSSAF est vérifié sur le barème en vigueur, pas sur un ancien bulletin de paie.
Comment KADENCEO s'en charge
Dans KADENCEO, le compagnon coche le panier avec sa journée ; l'option « ticket restaurant » s'active salarié par salarié, et le panier et le ticket ne se cochent pas ensemble. Quel que soit le nombre de chantiers pointés dans la journée, le récapitulatif ne retient qu'un seul repas par salarié et par jour : un ticket d'abord, à défaut un panier. Un repas coché mais non retenu s'explique au survol dans le récapitulatif, et les exports Excel, PDF et CSV donnent le nombre de paniers de chaque salarié, à côté des heures et des zones.
Deux limites, pour être clair : KADENCEO compte des journées avec panier, il ne calcule aucun montant, qui reste celui de l'accord de votre région et de votre comptable ; et il ne sait pas à votre place si le compagnon a déjeuné chez lui ou si le repas était fourni, ce que seul le chantier peut dire.
Questions fréquentes
Qui a droit au panier dans le bâtiment ?
Dans la convention des ouvriers du bâtiment de plus de 10 salariés, l'indemnité de repas fait partie des indemnités de petits déplacements, versées aux ouvriers non sédentaires, c'est-à-dire occupés sur les chantiers et non dans une installation fixe permanente de l'entreprise, qui rentrent chez eux chaque jour. Elle ne se cumule pas avec les indemnités de grand déplacement.
Dans quels cas le panier n'est-il pas dû ?
La convention prévoit trois cas : l'ouvrier prend effectivement son repas à sa résidence habituelle ; un restaurant d'entreprise existe sur le chantier et le repas est fourni avec une participation de l'entreprise égale au montant de l'indemnité ; le repas est fourni gratuitement ou avec une participation de l'entreprise égale au montant de l'indemnité.
Le montant du panier est-il fixé par la convention ?
Non. La convention nationale renvoie à un accord paritaire régional, ou à défaut départemental. Le montant est le même quelle que soit la zone du chantier. Par exemple, dans les Hauts-de-France, l'accord régional du 1er décembre 2025, étendu par arrêté du 16 mars 2026, le fixe à 14 euros à compter du 1er janvier 2026 pour les ouvriers des entreprises de plus de 10 salariés. Si l'entreprise utilise des titres-restaurant, sa participation est déduite du montant de l'indemnité de repas.
Le panier est-il soumis à cotisations ?
Pas dans la limite fixée par l'arrêté du 4 septembre 2025 sur les frais professionnels, revalorisée chaque 1er janvier. Au 1er janvier 2026, pour un salarié en déplacement hors des locaux de l'entreprise ou sur un chantier, qui ne peut regagner ni sa résidence ni son lieu habituel de travail pour le repas, et sans obligation démontrée de déjeuner au restaurant, la limite est de 10,40 euros par repas. Elle est de 21,40 euros pour un salarié en déplacement contraint de prendre son repas au restaurant, ce que l'employeur doit pouvoir démontrer, sauf usage de la profession. Au-delà de la limite, la fraction excédentaire n'est exclue des cotisations que si l'employeur prouve qu'elle a été utilisée conformément à son objet.
Peut-on verser un panier et des titres-restaurant le même jour ?
La convention déduit la participation de l'entreprise aux titres-restaurant du montant de l'indemnité de repas : le même repas n'est pas payé deux fois. Par ailleurs, quand le salarié se trouve dans plusieurs des situations prévues par l'arrêté sur les frais professionnels, une seule des indemnités de repas ou de restauration ouvre droit à la déduction : la plus élevée, selon le BOSS.
Pour aller plus loin
- Les zones de déplacement BTP : trajet, transport et panier, pour les compagnons qui rentrent chaque soir.
- Le grand déplacement BTP : le régime qui remplace les petits déplacements quand le chantier est trop éloigné.
- Le décompte des heures : ce que la loi impose à l'employeur du BTP.
- Le logiciel de pointage BTP KADENCEO : ce qu'il fait et comment il fonctionne sur le chantier.
Paniers, tickets restaurant et zones comptés sans ressaisie
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